Pascal Durudaud
Psychologue Paris 6
psychothérapeute

Test de QI officiel

20/07/2017

 

 

Peut-on parler de test d’intelligence « officiel »?

 

Stricto sensu, il n’ y a pas de test officiel car il n’y a pas de texte réglementaire qui inclut ou exclut certains tests.

En revanche les institutions demandeuses de tests et les psychologues cliniciens formés à la passation des tests psychologiques recourent quasi exclusivement aux échelles d’intelligence de D. Wechsler et aux épreuves projectives de H. Rorschach qui sont le plus utilisé en France et dans le monde.

 

Ces échelles d’intelligence de Wechsler, alors qu’elles sont très anciennes (la Wechsler-Bellevue Intelligence Scale, a été publiée en 1939), n’ont jamais été détronées par les tests qui ont été conçus et mis au point plus récemment. Chaque mise à jour est traduite dans le monde entier. Probablement parce que ce sont les tests les plus pertinents pour répondre aux questions que se posent les psychologues lors des passations de bilan psychologique. Et aussi en raison de la personnalité et de l’expertise de leur « inventeur ».

 

 

David Wechsler psychologue inventeur des échelles d’intelligence

 

David Wechsler est un psychologue américain, né en Roumanie en 1896 et mort à New York en 1981. Psychologue aux armées il évalue l’aptitude et l’orientation des recrues de l’armée américaine avec les Army tests (test Alpha). Plus tard, psychologue à l’hôpital psychiatrique Bellevue de New York et Professeur de psychologie clinique à l’université de New York il met au point un test pour adultes en 1939 la Wechsler-Bellevue Intelligence Scale (WBIS).

 

 

Le test de QI

 

Le succès de ce test de QI le conduit à développer une version pour les enfants en 1949 le WISC. Depuis ces échelles sont révisées régulièrement aux USA et réadaptées en France. Au WISC succède le WISC-R en 1974, puis le WISC-III en 1996, le WISC-IV en 2005 et le WISC-V en 2016.

En 1967 est publié le Wechsler Preschool and Primary Scale of Intelligence (WPPSI), une adaptation du WISC pour les enfants de très bas âge. La dernière version en France (WPPSI-IV) date de 2014

Le test pour adultes WBIS deviendra la WAIS en 1955 et sera ensuite régulièrement revu. La WAIS-III parait en 2000 en france et la WAIS-IV en 2011.

 

 

Des tests d’intelligence efficaces

 

La tradition pragmatique de la psychologie américaine explique certainement que ces tests n’ont pas été détronés car ils «marchent, donnent satisfaction et sont utiles ».

Ces tests reposent sur une riche expérience clinique et choisissent les meilleures épreuves pour rendre compte d’une adaptation intellectuelle. Ils n’ont jamais été rellement remis en cause par les évolutions théoriques ultérieures de l’intelligence.

 

 

QI et intelligence

 

David Wechsler considère que rendre compte de l’intelligence c’est mesurer des aptitudes choisies comme représentatives de ces différentes facettes. Cependant l’intelligence n’equivaut pas à la somme des aptitudes évaluées s’il faut tenir compte de leur nombre il faut aussi prendre en compte leur qualité et la manière plus ou moins harmonieuse de leur combinaison. Les tests mesurent la manifestation de l’intelligence plus que l’intelligence elle même.

Wechsler reprend la notion de quotient intellectuel (QI) aux psychologues français du début du XXème siècle Binet et Simon mais l’oriente différemment pour bâtir ses tests

 

 

Les échelles d'intelligence du WISC

 

Une échelle est composée de plusieurs subtests qui chacun renvoit à une facette différente de l’intelligence. A partir de là on obtient trois notes composites un QI verbal, un QI de performance et un QI total si les 2 précédents ne divergent pas trop.

 

Pour Wechsler la séparation en 2 sous échelles traduit des aptitudes et des capacités professionnelles différentes.

L’échelle verbale renvoit à des capacités à manier les mots et les symboles et l’échelle de performance à l’aptitude à se servir d’ojets et à percevoir des shémas visuels.

Il faut toujours avoir à l’esprit que tous les résultats obtenus n’ont de sens qu’en comparaison avec une population de référence pas en eux même.

 

De son vivant D. Wechsler n’a jamais souhaité modifier l’organisation de son test le jugeant pleinement pertinent du point de vue clinique.

 

Nous pouvons reprendre les propos de D. Wechsler à la fin de sa vie qui rappelait que « ce que nous mesurons avec les tests n’est pas ce que les tests mesurent – ni l’information, ni la perception spatiale, ni la capacité de raisonnement. Celles-ci ne sont que des moyens pour une fin. Ce que les tests d’intelligence mesurent, ce que nous espérons qu’ils mesurent est quelque chose de beaucoup plus important : la capacité d’un individu à comprendre le monde qui l’entoure et ses ressources pour faire face aux défis qu’il lui représente » (cité dans le Journal des psychologues par Jacques Grégoire, Docteur en psychologie à l’Université de Louvain)

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